Qu'est-ce qu'un guachinche ?
Un guachinche est une bodega familiale qui ouvre une partie de sa maison, de son garage ou de sa cave pour servir son propre vin, accompagné de quelques plats simples préparés à la cuisine. Ce n'est ni un restaurant ni un bar : c'est un vigneron qui vend directement sa production, avec un repas en accompagnement. On y mange sur des tables en bois, souvent dans une cour ou sous une pergola, sans carte imprimée ni service formel.
Le principe est encadré depuis 2013 par un décret du gouvernement des Canaries (décret 83/2013), qui a sorti ces établissements d'une zone grise juridique. La règle centrale reste inchangée : le vin servi doit provenir exclusivement de la production propre du propriétaire (vino de cosecha propia), et l'eau est la seule autre boisson autorisée. Le décret limite aussi l'offre à trois plats maximum, et impose désormais l'affichage d'une plaque distinctive à l'entrée ainsi qu'une liste de prix et d'horaires visible.
Pourquoi ça vaut le détour
C'est l'expérience la plus locale et la moins touristique que l'on puisse vivre à table à Tenerife. On y mange ce que la maison a préparé ce jour-là : ragoûts de pois chiches aux côtes de porc, lapin en salmorejo, côtes de porc aux papas, poivrons ou courgettes farcis, poisson frit selon l'arrivage, et en dessert des feuilletés, du leche asada ou du bienmesabe. Le vin, jeune et parfois un peu rustique, se boit au pichet ou à la bouteille sans étiquette commerciale : c'est la cuvée de l'année du propriétaire, pas un produit calibré pour l'exportation.
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Où et quand
Les guachinches se concentrent très majoritairement dans le nord de l'île, dans les zones viticoles historiques : Tacoronte, El Sauzal, La Orotava et les communes alentour, entre Puerto de la Cruz et La Orotava. C'est aussi une bonne excuse pour explorer cette partie moins touristique de Tenerife, à combiner avec une étape à Garachico ou Icod de los Vinos.
Historiquement, l'activité suivait le calendrier du vin : ouverture à partir de novembre, jusqu'à épuisement du stock, ou reprise au printemps. Aujourd'hui, un certain nombre de guachinches restent ouverts plus longtemps dans l'année, mais la rotation reste réelle — une adresse trouvée en ligne peut avoir fermé, changé de jours d'ouverture, ou ne plus être en activité au moment de votre visite.
C'est le vrai point pratique à connaître avant de partir à leur recherche : il n'existe pas d'annuaire officiel fiable et à jour. Beaucoup de guachinches n'ont pas de visibilité en ligne, pas de réservation possible, et une enseigne discrète malgré l'obligation de plaque. La méthode la plus efficace reste :
- les applications mobiles dédiées (recherchez "guachinches" sur les stores), qui recensent les adresses ouvertes par zone et par période ;
- les groupes et pages locales en espagnol, souvent plus à jour que les guides touristiques francophones ;
- le bouche-à-oreille auprès des habitants du nord de l'île, particulièrement fiable pour savoir quelle bodega est ouverte la semaine en cours.
Bon à savoir avant d'y aller
Prévoyez du liquide : beaucoup de guachinches ne prennent pas la carte bancaire. L'accueil se fait en espagnol la plupart du temps, l'anglais et le français sont rares. N'attendez pas un service à l'assiette soigné façon restaurant : c'est un repas convivial, souvent bruyant, à l'ambiance de fête de village plutôt qu'à la gastronomie fine. Enfin, gardez à l'esprit que ces adresses changent d'une saison à l'autre : mieux vaut se renseigner sur place ou la veille que de miser sur une adresse trouvée il y a plusieurs mois.
Pour prolonger la découverte de la table canarienne au-delà des guachinches, direction notre guide de la cuisine canarienne et notre hub gastronomie.